Perdre du poids via le bypass : ça marche ! Mais pas sans risques

Mon amie est passée de 110 kg à… 50. Une transformation physique incroyable, choquante pour ceux qui ne l’avaient pas vue durant ce laps de temps. J’ai suivi son évolution de près. Son truc ? Un bypass, une opération vraiment efficace pour maigrir.

Marjo a essayé tous les régimes, dissociés, sans ceci ou cela, chrononutrition, hyperprotéiné, hypocalorique, soupes, avec substituts de repas… A 35 ans, c’était une femme épuisée mentalement, dépressive, et incapable de laisser venir une nouvelle relation sans être mortifiée par son apparence. Plutôt handicapant amoureusement et socialement (boulot compris).

Le bypass, une solution pour perdre du poids vraiment efficace

Entre autres techniques chirurgicales, Marjo a choisi, avec l’accord de son chirurgien, le bypass gastrique. Cette opération pour perdre du poids est vraiment efficace sur le long terme.

Mais késako ? Le bypass est un court-circuit provoqué dans le système digestif et une diminution du volume de l’estomac par agrafage. C’est sur cette poche qu’est relié directement l’accès à l’intestin grêle (par suture). La perte de poids est immédiate, car l’estomac ne peut contenir que l’équivalent de 2-3 cuillerées à soupe !

Juste après l’opération, Marjo ne pouvait manger que des aliments liquides de type yaourts et soupe, ne boire que de l’eau, bien sûr, en dehors des « repas ». Ça pendant un mois. A présent les quantités sont plus importantes, tout en restant modestes par rapport à la « normale ».

Se faire opérer pour maigrir : pas sans risque

De nombreuses cliniques proposent différentes techniques pour diminuer le volume de l’estomac, dont le bypass gastrique. Ces interventions ne sont pas sans conséquences. La décision de subir une chirurgie bariatrique doit se faire de façon réfléchie :

  • Risques de carences nutritionnelles si on ne prend pas – à vie – les compléments alimentaires (vitamines et minéraux) prescrits par le chirurgien. Dans certains cas, le patient n’assimile pas ;
  • Complications postopératoires : hémorragies ou occlusions intestinales peuvent surgir ;
  • Risques de malabsorption des aliments ;
  • Troubles digestifs: ballonnements et diarrhée occasionnels, vomissements en cas de repas avalé trop rapidement ;
  • Conséquences esthétiques : un grand nombre de personnes opérées subissent un délabrement cutané, pour lequel une chirurgie esthétique de restructuration est nécessaire. Cela n’a pas été le cas de mon amie, heureusement… ;
  • Difficultés psychologiques de se reconnaître dans sa nouvelle apparence, avec des changements de personnalité à la clé, potentiellement (dus à une meilleure estime de soi);
  • Le suivi d’une opération à l’estomac est à vie: prises de sang régulières notamment.

Les équipes médicales sont pluridisciplinaires renseignent bien la personne, qui est vue par un diététicien, un psychologue, un cardiologue/pneumologue, … Différentes disciplines médicales se sont spécialisées dans la chirurgie du poids. Marjo a eu plusieurs entretiens et réunions préparatoires, et le suivi post-opératoire est important, et long.

Certaines situations sont dramatiques : des patients reprennent du poids car leur poche se dilate sous l’effet de repas trop fréquents, et trop important. On voit des personnes retrouver leur poids d’avant l’opération, soit 30 à 40 kg de plus que souhaité !

Réapprendre à manger après l’opération

Mon amie est – était ? – une épicurienne, qui avait un bon coup de fourchette. Juste après l’opération, elle a dû réapprendre à manger lentement, à bien mâcher ses aliments. Le repas, même s’il comportait de toutes petites quantités au début, doit durer au moins une demi-heure. Une image qui en dit long : la petite poche stomachale créée par l’intervention (anneau, bypass ou sleeve) a un volume équivalent à une dosette de café What Else, ça vous situe !

Reprendre une activité sportive après un bypass

Outre les repas plus légers et pris plus souvent, la reprise d’une activité sportive est primordiale. Et cela pour plusieurs raisons :

  • Briser le cercle vicieux : prise de poids – je ne bouge pas ;
  • Se réentraîner à l’effort (aspect cardiovasculaire) ;
  • Se remuscler en douceur ;
  • Corriger ses postures, avec le dos plus droit, … ;
  • Reprendre une vie sociale, l’obésité menant souvent à l’isolement.

Ce n’est pas simple, et il n’est pas demandé aux patients sur le point de se faire opérer (parce que la reprise débute avant l’opération en général) ou venant de se faire bypasser de se rendre en salle de fitness affronter le regard de bimbos et de malabars protéinés. Toute clinique dédiée au poids et au traitement de l’obésité propose des cours collectifs en son sein, et encadrés par un kiné spécialisé dans le surpoids. Le kiné fait partie de l’équipe pluridisciplinaire, et collabore avec le cardiologue notamment. Aucun risque pour votre santé n’est pris dans le cadre d’une activité physique qui est belle et bien adaptée. Au fil de la perte de poids, les mouvements deviennent plus faciles, et c’est très encourageant. L’avantage des cours collectifs est que plusieurs patients se côtoient, à différents stades de leurs parcours personnel. On peut ainsi échanger avec des bypassés (ou des gens ayant subi une sleeve ou la pose d’un anneau) qui partagent leur expérience. C’est très stimulant.

Un moment donné, vous serez invité à ne plus suivre les cours collectifs de la clinique, mais à continuer une activité sportive en dehors , plus près de chez vous, et selon vos affinités : certains sports sont plus indiqués que d’autres, et il n’y a pas que la salle de sport, après tout?:) Vous êtes bien entendu aiguillés vers certains sports, plus adaptés : nager, marcher, etc.

Comments

    1. Comme je vous comprends, Sofke;) Mais manger semi-liquide, ce n’est que juste après l’opération, quand ce n’est pas encore cicatrisé. Après ce sont des petites bouchées, et du pain autorisé à nouveau, par exemple, en mâchant bien. C’est une discipline personnelle mais on finit par réapprécier ses repas, qui sont plus nombreux, notez bien 😉 😉

  1. Je l’ai fait aussi, et je suis ravie. merci de dire que ce n’est pas rien, et qu’il faut bien réfléchir avant de se lancer. On est bien entouré, c’est vrai, heureusement… Mes repas sont limités à 250 ml, ce qui m’oblige à manger plus souvent que la « normale » (3fois par jour dans ma famille). mais on s’y fais, vraiment, je suis contente.

    1. Merci pour votre témoignage, Loulou, quel exemple de volonté, et je le dis sérieusement, et à propos de mon amie aussi. C’est un fameux parcours personnel, et le succès de l’opération ne dépend que de la volonté de la personne (outre des risques de complication lié à l’intervention). Sinon, il faut du courage pour reprendre une activité sportive, recommencer à « bouger sa carcasse », comme dit Marjo… Belle suite à vous, Loulou

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